Manger des insectes, vous en pensez quoi ?

Manger des insectes est à la mode, on ne peut pas le nier. C’est tendance de mettre une assiette de criquets à l’apéro, de proposer quelques vers de farine en entrée : on provoque l’émoi, le rire et les « ah non mais jamais de la vie je ne mangerai ça !  » fusent au dessus des verres des vins.

Mais plus sérieusement, va-t-on manger des insectes demain ? Que faut-il savoir sur eux, d’où viennent-t-ils, qui les commercialisent ? Petite étude menée du bout des antennes.

brochettes d'insectes en chine : le futur de notre alimentation

Brochettes d’insectes (et de petits animaux) sur un marché chinois. ©CelineM

Aujourd’hui il est presque facile de trouver des insectes pour épater vos amis : Jimini’s, Micronutris, Crok’fun, vous permettent de commander en ligne;  et si vous êtes à Paris, le restaurant le Festin Nu vous propose des insectes à la carte ! Mais parlons-en un peu de ces insectes…

Savez-vous comment l’on nomme la personne qui mange des insectes ? Un enomophage.

Les insectes ont toujours contribué à l’alimentation des populations rurales dans les pays tropicaux et équatoriaux, et aujourd’hui on pense que plus de deux milliards de personnes en mangeraient de temps à autre, principalement en Afrique, Asie et Amérique du sud. Les insectes contribuent au régime alimentaire de populations en zone forestière. Bouillis, grillés, frits ou en farine, on consomme aussi bien des chenilles à papillon (Zimbabwe, Namibi) que des termites (Ouganda) ou des chenilles avec du manioc et une sauce tomate (Cameroun). Au Mexique, fourmis, abeilles et guêpes entrent dans l’alimentation de certaines communautés. Enfin au Laos, 95% de la population mangent des insectes.

Ils sont une source de protéine, certes, mais attention : les apports nutritionnels demeurent limités. Les populations des environs de Brazzaville en Afrique Centrale consomment jusqu’à 40 grammes d’insectes par personne et par jour, mais les besoins alimentaires sont loin d’être couverts.

« La consommation de 100 grammes de chenilles fraîches apporte à l’organisme une quantité de protéines supérieure à celle d’une quantité équivalente de lait, comparable à celle des oeufs et inférieure à celle des viandes de poulet ou de boeuf ».

insectes cuisinés : les vers de farine dans notre aimentation

Leur valeur nutritionnel exacte est mal connue. Il existe de nombreuses études mais des résultats peu fiables, variant au sein d’une même espèce en fonction de ses conditions d’alimentation. Par exemple pour les chenilles adultes sèches la teneur en protéines et lipides varie de 15 à 70% (1) ! Selon Arnold van Huisentomologiste et brillant avocat d’une alimentation alternative, « 100 grammes de chenilles apportent les besoins quotidiens d’un adulte en protéines ».

Les risques sanitaires ne doivent pas être sous-estimés. Certains insectes contiennent des substances toxiques provenant de plantes qu’ils ont consommés ou fabriqués. Ils peuvent aussi être porteurs de virus. Ainsi il faut faire attention à la qualité sanitaire des aliments à base d’insectes. Ces « nouveaux aliments » doivent normalement être soumis à des évaluations longues et couteuses afin de prouver qu’ils ne sont pas toxiques… Mais aujourd’hui il existe un véritable vide juridique concernant l’entomophagie en France. La Règlement CE dit que « Les nouveaux aliments font l’objet d’une procédure européenne d’évaluation avant leur mise sur le marché […]  » mais je me demande bien qui a fait une demande et prouvé l’innocuité de ces aliments…

En résumé les insectes, ou produits à base d’insectes, ne devraient pas être autorisés à la vente sur le territoire français car ils n’ont pas été évalués… Ce qui n’empêche pas tout plein de nouvelles sociétés de surfer sur la vague ! Plus d’informations à ce sujet: http://agriculture.gouv.fr/FAQ-Insectes-pour-la-consommation

les insectes dans notre assiette

Des insectes pour nourrir… les animaux ?

Pour de nombreuses raisons sanitaires, nutritionnelles et culturelles, la consommation d’insectes restera marginale dans l’alimentation des hommes. Qu’on se le dise : les sauterelles ne remplaceront pas l’entrecôte ! Il ne faut pas s’attendre à un bouleversement des pratiques alimentaires, les insectes resteront tout au plus des amuse-gueules dans nos sociétés industrialisées.

Toutefois ils trouveront peut-être leur place dans des farines pour nourrir les animaux, comme le propose aujourd’hui Ynsect, ou sous forme d’ingrédients protéinés pour les hommes. Mais la faisabilité économique de ces pistes n’est pas encore prouvée. Par exemple pour le développement des insectes il faut une température moyenne de 25°C et une hygrométrie de 80%. Je vous laisse imaginer la consommation d’énergie pour de gros élevages…

Donc pour le moment, pas d’insectes dans nos assiettes d’ici 2050 ! 😉

Si vous voulez en savoir un peu plus sur la consommation des insectes tout au long de notre Histoire : Mangeons des insectes.

manger des insectes en chine : criquets, grillons, larves

Allez hop, un criquet frit sur un marché en Chine. Comme une chips !

Source : 

– http://www.fao.org/forestry/edibleinsects/fr/

– Quel futur pour notre alimentation ? de Pierre Feillet

1 – Résultat d’une analyse effectuée sur 24 espèces de chenilles.

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4 réflexions sur “Manger des insectes, vous en pensez quoi ?

  1. J’ai beau être curieuse, je pense que je consommerai plus souvent de la viande que des insectes à l’avenir, même en étant de plus en plus attirée par l’alimentation végétarienne (bien qu’une bavette à l’échalote une ou deux fois l’an, je dirai pas non, tant que c’est de la qualité).

  2. Les trucs qui croquent comme les criquets ou araignées frits, ça ne me dérange pas, c’est quand même plus sain qu’un sachet de Ben&Nuts. En revanche, les vers, psychologiquement je peux pas ! Dans l’assiette ou ailleurs, beurk.

  3. Hello! Merci pour les infos et d’être passé sur le grille du test grillon en bouche 🙂
    Tu poses la question donc je donne une réponse, perso.
    J’aimerais bien en manger assez souvent en fait, car l’idée me plait et que je ne peux pas me dire omnivore si je ne mange jamais d’insectes.
    Les prix sont assez élevés sur le net. Et soit ce sont des mini blisters soit des grosses quantités. Pas super pratique. C’est vraiment un aliment rêvé pour grignoter, mais aussi à incorporer en petite dose dans des plats, des poellées vg et autre. D’un point de vu nutritionnel ça paraît extra d’après les résultats sous tableaux des analyses. Enfin ça peut être vraiment un aliment le plus « ecolo » qui soit, en fonction de comment les fermes sont gèrées. Aussi encore une fois le truc est de savoir ce que ces bêtes mangent, si on leur donne des céréales c’est naze par exemple.
    Enfin d’après ce que j’ai lu, mais la source est oublié :), ce qu’on désigne par le mot insecte ne correspond pas souvent à la véritable dénomination de ces bêtes. On classe tout ce qui est petit dans la catégorie insecte alors que ce n’est pas le cas. Bon c’est une histoire de classement scientifique, après quand on dit insecte on sait ce à quoi ça correspond.

    Voilà au plaisirs de te lire au prochain article!
    Bonne dégustation

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