Découvrir le pineau des Charentes

Peut-être êtes vous amateur de pineau des Charentes ou peut-être ne connaissez vous pas du tout. Laissez moi vous éclairer avec ce petit article qui fait suite à une dégustation organisée par le Comité National du Pineau des Charentes.

Plusieurs vignobles étaient venus présenter leurs flacons au cours de cette soirée, mais vous parler de tous ferait de mon article un roman, aussi j’ai choisi de ne citer que mes préférés.

Mais avant tout, mini introduction sur ce qu’est le pineau:

Il s’agit d’une mistelle, une boisson alcoolisée sucrée obtenue par mélange de moût de raisin frais et d’alcool, en l’occurrence de l’eau de vie de Cognac. L’appellation Pineau des Charentes n’est possible que si ce sont les raisins d’une même exploitation viticole qui ont servi à la fabrication du vin de liqueur et du cognac: le vin ainsi obtenu est issu d’un même terroir, d’un même vignoble et du savoir-faire des mêmes hommes. Le vieillissement s’effectue obligatoirement en fûts de chêne, la durée différant pour le Pineau blanc ou rouge. Un vieillissement prolongé de 5 ans ou 10 ans au moins en fûts de chêne donnera  ce qu’on appelle de Vieux et très Vieux Pineau des Charentes. Ces assemblages titrent toujours entre 16 et 22 degrés, et des notes de vanille, noix et pruneaux dominent.

Pour tout vous dire, c’était un baptême. Je crois bien que je n’avais jamais bu de Pineau avant cette soirée. La machine est maintenant lancée: j’ai adoré cette boisson que je trouve fine et étonnante.

Le premier stand auquel je me suis arrêtée était celui du domaine Feynard, qui nous a proposé en premier lieu de gouter leur pineau rosé, médaille d’or au concours mondial du rosé 2012. Arômes de cerise et de fraise des bois, une couleur de Provence qui dénote parmi les autres bouteilles présentées: les producteurs ont voulu se rapprocher d’un véritable rosé, pour un apéritif plutôt féminin accompagné de quelques glaçons. Le produit est vraiment réussi, mais pour les amateurs on s’éloigne un peu du pineau.

Ensuite on a pu gouter leur Pineau Reserve (assemblage Cognac et Cabernet Sauvignon) aux fortes notes de cassis; et le Vieux Pineau qui nous entrainait sur des notes caco, noix, pruneau.

Le second domaine était celui de Guillon-Painturaud, qui travaillent des millésimes. On ne mélange pas ! On a gouté leur tout dernier Pineau de 1 mois, Merlot, Cabernet franc et Cognac, titrant à 72°C. Un peu dur à avaler mais bon faut bien gouter. Viennent ensuite de petites choses bien sympa: Pineau Jeune (3 ans) notes de fruits rouges, un petit peu de champignon aussi; Pineau Vieux (10 ans), griottes et fruits à noyaux – amandes, noix; et le Pineau Extra-Vieux (15 ans) pruneaux et liqueur de cassis. Et le favori de notre soirée: leur Pineau Exception Extra Vieux de 25 ans, extraordinaire. Impossible en bouche d’y trouver un pineau. C’est une vrai liqueur douce de pruneaux et de mûres, un délice.

Le troisième et dernier domaine dont je vais vous parler est le domaine De la Fontaine. Une affaire de famille qui dure depuis 1887 et des assemblages de différentes années de pineaux élaborés à partir de Merlot et de Cognac. Nous avons dégusté un Pineau Jeune (2006-2008), un Pineau Vieux (2000-2002), un peu plus madérisé, et un Pineau Extra-Vieux (1986-1989) bien fondu et très agréable en bouche.

La dégustation ne s’arrêtait pas là: comme il s’agissait de découvrir le pineau sous toutes ses facette, direction le sous-sol pour des accords mets-pineaux avec de petites bouchées.

En cuisine Benoît nous prépare une purée de pomme de terre à l’anglaise passée au siphon, avec un morceau de poulet juste saisi et arrosé d’une réduction de Pineau blanc. Un régal !

Guilaine dresse un foie gras cru poché dans un bouillon de volaille sur un chutney de pommes et oignons déglacé au Pineau rouge. Un coup de sel/poivre et là encore, chapeau, c’est très fin.

Gilles nous a confectionné des ravioles de gambas aux petits légumes avec une émulsion au lait et Pineau blanc. Ca aura été pour moi l’accord le moins réussi: trop d’alcool dans l’émulsion, la crevette trop salé sur le verre de Pineau.

Pour finir, Aris nous a cuisiné un petit saumon sauvage sur de jeunes poireaux cuits à l’étuvée avec du Pineau blanc. Pas mal, mais un peu fade.

Pour finir la soirée nous atterrissons dans l’atelier olfactif de M. Bourgeois, nez, qui nous donne les clefs pour découvrir la richesse du Pineau. Bourgeon de cassis, cerise griotte, pruneau, iris, violette, fruits à noyaux…

Un beau rendez-vous et de belles découvertes. J’espère que cet article vous aura donné envie d’en prendre un petit verre !

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