Van Cleef & Arpels, exposition au Musée des Arts Déco

Aujourd’hui chers lecteurs, nous avons une invitée ! Melle C., spécialiste en gemmes et joaillerie, nous propose de découvrir l’exposition « Van Cleef & Arpels » au Musée des Arts Décoratifs. Attention, ça brille…

« Pour avoir de la chance il faut croire en la chance » disait Jacques Arpels …bonne nouvelle pour les amoureux de la Haute joaillerie, pour les grands curieux ou tout simplement pour les rêveurs puisque le tout Paris a aujourd’hui la chance de découvrir une rétrospective unique sur les créations de la maison phare de la place Vendôme.

Danseuse espagnole, platine serti de diamants, d’émeraudes, de rubis et de saphirs. 1941

La nef du Musée des Arts Décoratifs de Paris s’est récemment tendue de velours bleu nuit pour accueillir dans un écrin plus de 500 bijoux uniques, chargés de retracer l’histoire de la joaillerie Van Cleef & Arpels.

Pour être à l’origine de pareils éclats il ne faut pas moins qu’une belle histoire d’amour comme pierre de fondation: celle d’Esther Arpels (1877-1960) fille d’un négociant en pierres précieuses et d’Alfred Van Cleef (1872-1938), fils d’un artisan lapidaire. Ces deux amoureux des gemmes vont interroger les modèles, les matériaux et la mode pour donner naissance à une joaillerie nouvelle à l’image de la femme moderne.

L’exposition nous transporte dans un voyage fantastique à travers l’histoire de ces bijoux uniques. Plongés dans la pénombre et guidés par l’éclat des diamants, nous déambulons dans les courbes d’un parcours débutant par les créations des années 1920 pour s’achever sur les dernières collections de la maison.

Dès l’entrée de l’exposition, le spectateur plonge dans un monde brillant d’exotisme : sur les délicats bracelets viennent s’animer des scarabées, des sphinx, des taureaux, des fleurs de lotus ou encore de petites abeilles, autant de motifs auxquels répondent émeraudes, saphirs, rubis, diamants ou onyx calibrés. Ces créations d’inspiration égyptienne, datée de 1922 à 1925, viennent rappeler le vif intérêt que suscita la découverte de la tombe de Toutankhamon, en 1922.

Mais si la Maison Van Cleef a su trouver son inspiration dans les hauts faits de l’actualité, c’est avant tout au service de la femme qu’elle a prêté allégeance. Et justement en ce début de siècle, les femmes changent… Pendant les années 1930 ces dames expriment leur émancipation naissante à travers des changements de mode radicaux : on coupe les cheveux, porte du rouge à lèvre, comprime les poitrines et revêt des robes courtes à taille basse. La nouvelle silhouette androgyne à la garçonne s’entiche alors de longs sautoirs, pendants d’oreilles, montres en diamants, clips pour les robes et bagues aux volumes importants.

C’est à cette période que les ateliers Van Cleef créent l’objet coqueluche de l’époque : la minaudière, sorte de boite-sac à main, dont les compartiments permettent de ranger poudrier, rouge à lèvre, cigarette, briquet, carnet de bal. Laqués, en or, sertis d’émeraudes ou encore de rubis, c’est un merveilleux objet d’art et d’apparat, qui va servir à expérimenter une technique révolutionnaire mise au point en 1933: le serti mystérieux, propriété exclusive de Van Cleef & Arpel.

Projet aquarellé et broche Fleurs, or , platine, diamants, rubis en serti mystérieux.1937.

De façon très ludique, l’exposition nous procure une explication sur cette technique assez complexe. Pour faire simple : on fait glisser sur des rails les pierres taillées en petits cubes. Ce nouveau pavage, qui trouve son origine dans les mosaïques antiques en verre, transforme à tout jamais la joaillerie de la maison Van Cleef puisqu’elle permet de faire disparaitre le sertissage des bijoux. Le succès est immédiat et Van Cleef & Arpels, petit à petit, s’enhardit pour conquérir broche, bracelet, bagues, dans des prouesses dignes de magiciens.

On pourra ainsi s’émerveiller devant une magnifique broche Feuille mystérieuse dont le volume ondulant de pierres semble relever du miracle.

Broche, Feuille mystérieuse, saphir et diamants. 2006

Autre bijoux phare de l’exposition : le collier Zip conçu en 1938 à la demande de la duchesse de Windsor et réalisé en 1951. Une nouvelle prouesse technique puisque le collier se ferme véritablement comme une fermeture éclair et peut se transformer pour être porté en bracelet.

Collier ZIP, détail. Platine , diamants, rubis. 1954

Tout le long de la visite, on ne trouvera que des pièces remarquables, empruntant du vocabulaire du textile (nœud de dentelle en or, rubans monté en bagues), de la nature (cristaux de neige, longue plume) ou encore de la faune (colibri, coccinelle …). Les amoureux de belles pierres pourront quant à eux se régaler avec des saphirs padparadsha ou encore de rares tsavorites.

Et puis parce qu’il faut leur rendre hommage, un film documentaire présente tous les corps de métiers et les petites mains de chez Van Cleef & Arpels, nécessaires à la création de tous ces joyaux.

Une exposition élégante, brillante de grâce et qui rend hommage à la devise de la maison: « Il est des signatures auxquelles on tient… »

Toque en ouate ornée de clips et motifs d’oreilles, cristaux de neige en or et diamants, 1946

Exposition « Van Cleef & Arpel , l’art de la Haute Joaillerie ».

Musée des arts Decoratifs, 107 rue de Rivoli. 75001 Paris.

Fermé le lundi. 11h – 18h.

Du 20 septembre au 10 Février 2013.

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